Le 22 mars ! Ça vous parle ?

Le 22 mars ! Ça vous parle ?
A moi pas plus que ça !
C’est Prinz qui me rafraîchissait la mémoire !

Le Mouvement du 22-Mars est un mouvement étudiant né le 22 mars 1968 à la faculté de Nanterre.

Le 22 mars 1968, vous n‘étiez peut-être pas nés !
Moi oui, j’avais presque 18 ans!
A l’époque je coulais des jours heureux au lycée des Eucalyptus, à Nice, au bout de la promenade des anglais, et nous étions bien loin de l’agitation qui se dessinait à la capitale.
Notre seule préoccupation était de bien manger à la cantine !!!
Désolé !!!
Tout ça pour vous dire quoi ?
Que le 22 mars de cette année se tiendra l’assemblée générale d’Anticor-Var à Gonfaron,

anticorClic sur l’image

dont je suis un des adhérents.
Avec les affaires qui nous occupent, tant au niveau national que local, nous pouvons nous poser la question :
Pourrons-nous un jour faire une totale confiance à ces hommes et à ces femmes qui décident de notre avenir après qu’ils soient arrivés au pouvoir?

NDC: Il est temps de soutenir cette association en adhérent même si vous ne pensez pas, jamais, faire de la politique!

www.bandol-blog.com

2 commentaires sur “Le 22 mars ! Ça vous parle ?”

  1. jacques rullier

    On perçoit très bien dans ce très bel article de Pierre Viansson- Ponté ce sentiment de désenchantement qui annonçait la tempête de Mai 68,(Merci Prinz) et dont le pays n’avait pas nécessairement conscience ce 22 Mars, autant dire quelques jours avant.
    En tout cas c’est mon sentiment, mais l’explication vient peut être de ce que les choses vues de Province sont différentes.
    Pour faire un clin d’oeil à S M ce Mois de Mars 1968, ce qui occupait toutes les têtes à Toulon c’était la finale de rugby qui allait se jouer au parc à Paris.
    Toulon/Lourdes qui a été reportée au mois de Juin ou Juillet je crois, pour cause de barricades !!! et que le RCT a d’ailleurs perdue à cause des évènements justement!!!

    #17576
  2. Prinz Karl

    Et une semaine plus tôt Pierre Viansson Ponte, le rédacteur en chef du journal Le Monde écrivait ce billet qui allait être célèbre, “Quand la France s’ennuie”:

    Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c’est l’ennui. Les Français s’ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde, la guerre du Vietnam les émeut, certes, mais elle ne les touche pas vraiment. Invités à réunir “un milliard pour le Vietnam”, 20 francs par tête, 33 francs par adulte, ils sont, après plus d’un an de collectes, bien loin du compte. D’ailleurs, à l’exception de quelques engagés d’un côté ou de l’autre, tous, du premier d’entre eux au dernier, voient cette guerre avec les mêmes yeux, ou à peu près. Le conflit du Moyen-Orient a provoqué une petite fièvre au début de l’été dernier : la chevauchée héroïque remuait des réactions viscérales, des sentiments et des opinions; en six jours, l’accès était terminé.Les guérillas d’Amérique latine et l’effervescence cubaine ont été, un temps, à la mode; elles ne sont plus guère qu’un sujet de travaux pratiques pour sociologues de gauche et l’objet de motions pour intellectuels. Cinq cent mille morts peut-être en Indonésie, cinquante mille tués au Biafra, un coup d’Etat en Grèce, les expulsions du Kenya, l’apartheid sud-africain, les tensions en Inde : ce n’est guère que la monnaie quotidienne de l’information. La crise des partis communistes et la révolution culturelle chinoise semblent équilibrer le malaise noir aux Etats-Unis et les difficultés anglaises.

    De toute façon, ce sont leurs affaires, pas les nôtres. Rien de tout cela ne nous atteint directement : d’ailleurs la télévision nous répète au moins trois fois chaque soir que la France est en paix pour la première fois depuis bientôt trente ans et qu’elle n’est ni impliquée ni concernée nulle part dans le monde.

    La jeunesse s’ennuie. Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Egypte, en Allemagne, en Pologne même. Ils ont l’impression qu’ils ont des conquêtes à entreprendre, une protestation à faire entendre, au moins un sentiment de l’absurde à opposer à l’absurdité, les étudiants français se préoccupent de savoir si les filles de Nanterre et d’Antony pourront accéder librement aux chambres des garçons, conception malgré tout limitée des droits de l’homme.

    Quant aux jeunes ouvriers, ils cherchent du travail et n’en trouvent pas. Les empoignades, les homélies et les apostrophes des hommes politiques de tout bord paraissent à tous ces jeunes, au mieux plutôt comiques, au pire tout à fait inutiles, presque toujours incompréhensibles. Heureusement, la télévision est là pour détourner l’attention vers les vrais problèmes : l’état du compte en banque de Killy, l’encombrement des autoroutes, le tiercé, qui continue d’avoir le dimanche soir priorité sur toutes les antennes de France.

    Le général de Gaulle s’ennuie. Il s’était bien juré de ne plus inaugurer les chrysanthèmes et il continue d’aller, officiel et bonhomme, du Salon de l’agriculture à la Foire de Lyon. Que faire d’autre ? Il s’efforce parfois, sans grand succès, dedramatiser la vie quotidienne en s’exagérant à haute voix les dangers extérieurs et les périls intérieurs. A voix basse, il soupire de découragement devant ” la vachardise ” de ses compatriotes, qui, pourtant, s’en sont remis à lui une fois pour toutes. Ce qui fait d’ailleurs que la télévision ne manque pas une occasion de rappeler que le gouvernement est stable pour la première fois depuis un siècle.

    Seuls quelques centaines de milliers de Français ne s’ennuient pas : chômeurs, jeunes sans emploi, petits paysans écrasés par le progrès, victimes de la nécessaire concentration et de la concurrence de plus en plus rude, vieillards plus ou moins abandonnés de tous. Ceux-là sont si absorbés par leurs soucis qu’ils n’ont pas le temps de s’ennuyer, ni d’ailleurs le cœur à manifester et à s’agiter. Et ils ennuient tout le monde. La télévision, qui est faite pour distraire, ne parle pas assez d’eux. Aussi le calme règne-t-il.

    La réplique, bien sûr, est facile : c’est peut-être cela qu’on appelle, pour un peuple, le bonheur. Devrait-on regretter les guerres, les crises, les grèves ? Seuls ceux qui ne rêvent que plaies et bosses, bouleversements et désordres, se plaignent de la paix, de la stabilité, du calme social.

    L’argument est fort. Aux pires moments des drames d’Indochine et d’Algérie, à l’époque des gouvernements à secousses qui défilaient comme les images du kaléidoscope, au temps où la classe ouvrière devait arracher la moindre concession par la menace et la force, il n’y avait pas lieu d’être particulièrement fier de la France. Mais n’y a-t-il vraiment pas d’autre choix qu’entre l’apathie et l’incohérence, entre l’immobilité et la tempête ? Et puis, de toute façon, les bons sentiments ne dissipent pas l’ennui, ils contribueraient plutôt à l’accroître.

    Cet état de mélancolie devrait normalement servir l’opposition. Les Français ont souvent montré qu’ils aimaient le changement pour le changement, quoi qu’il puisse leur en coûter. Un pouvoir de gauche serait-il plus gai que l’actuel régime ? La tentation sera sans doute de plus en plus grande, au fil des années, d’essayer, simplement pour voir, comme au poker. L’agitation passée, on risque de retrouver la même atmosphère pesante, stérilisante aussi.

    On ne construit rien sans enthousiasme. Le vrai but de la politique n’est pas d’administrer le moins mal possible le bien commun, de réaliser quelques progrès ou au moins de ne pas les empêcher, d’exprimer en lois et décrets l’évolution inévitable. Au niveau le plus élevé, il est de conduire un peuple, de lui ouvrir des horizons, de susciter des élans, même s’il doit y avoir un peu de bousculade, des réactions imprudentes.

    Dans une petite France presque réduite à l’Hexagone, qui n’est pas vraiment malheureuse ni vraiment prospère, en paix avec tout le monde, sans grande prise sur les événements mondiaux, l’ardeur et l’imagination sont aussi nécessaires que le bien-être et l’expansion. Ce n’est certes pas facile. L’impératif vaut d’ailleurs pour l’opposition autant que pour le pouvoir. S’il n’est pas satisfait, l’anesthésie risque de provoquer la consomption. Et à la limite, cela s’est vu, un pays peut aussi périr d’ennui.

    Pierre Viansson-Ponté

    #17551

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