L’AMMAC de Bandol

L’AMMAC de Bandol
« Amicale de Marins et Marins Anciens Combattants »
Présidée par Jean Lanfranchi a organisé une conférence sur le Nucléaire vendredi 21 octobre en présence de nombreux adhérents et amis .

LA SURETÉ ET L’AVENIR DU NUCLÉAIRE EN QUESTION

L’accident de Fukushima vient de placer brutalement la sûreté des installations électronucléaires au premier plan des préoccupations de leurs exploitants et de celles de l’opinion publique. Désormais, la question de savoir si, jusqu’ici, les exigences de cette sûreté ont pu ou non sous estimer les risques naturels, doit trouver rapidement une réponse.
A travers la présentation des caractéristiques du réacteur EPR de troisième génération, André Pellen (1) répond en très grande partie à cette question. Sa réponse peut se synthétiser ainsi : le réacteur EPR est actuellement le plus robuste et le plus sûr du monde – systèmes de sûreté simplifiés, plus diversifiés et plus redondants que par le passé, divisant par 10 les risques de fusion du cœur – mais aussi le plus compétitif : puissance, rendement, disponibilité et durée de vie accrus. Hélas, il est également le plus cher.
Dès lors, se pose la question de la pertinence de la sortie de notre pays du nucléaire, à laquelle André Pellen répond sans ambigüité par la négative au travers des éclairages qu’il apporte à toutes les interrogations, techniques, industrielles et économiques portant sur la production, le transport et la consommation d’électricité. Selon lui, aucune alternative crédible n’est actuellement offerte à la production électronucléaire, si ce n’est le maintien de la production électro fossile. Dans ces conditions, une sortie du nucléaire improvisée, même partielle, conduirait notre pays à des difficultés socio économiques supplémentaires et se traduirait inéluctablement par une augmentation très sensible du prix de l’électricité.

(1) André Pellen est un ingénieur d’EDF en retraite, ayant participé à la première mise en service et à l’exploitation de la centrale nucléaire de Cruas, de laquelle il a fait partie des équipes de crises. Il a également fait partie de l’équipe nationale de crise d’EDF, à Paris.
Il est actuellement le président du Collectif pour le Contrôle des Risques Radioactifs (CCRR), l’interlocuteurs privilégié du Préfet du Var et du Préfet Maritime en Commission d’Information du port militaire de Toulon.

5 commentaires sur “L’AMMAC de Bandol”

  1. Jacques K.

    l’EPR avenir radieux du nucléaire ?

    Sauf que l’on ne sait pas le faire marcher.

    Il a été développé dans les années 90 avec les techniques de l’époque.

    Le premier proto a été mis en construction en Finlande en 2005. La mise en service était prévue en 2010 pour un coût de 3 milliards d’euros. Aujourd’hui, la mise en service n’est pas prévue avant 2015 et le coût est déja de 6,5 milliards.

    Le deuxième proto a été mis en construction à Flamandville en 2007. La mise en service était prévue l’année prochaine. Au mieux, elle est reportée en 2016 et le coût a également déja doublé. A coté des problèmes proprement “nucléaire”, des malfaçons considérables ont été constatées sur le génie civil, notamment au niveau du béton. Et les dernieres inspections ont révélées que des lots techniques entiers avaient été achevés avant même que les bureaux de contrôles n’aient validés les solutions techniques proposées.

    Personne ne peut assurer aujourd’hui que l’EPR ne connaitra pas le même sort que les surrégénérateurs modèles Creys Malville, démonté aprés n’avoir marché effectivement que quelques mois entre 1978, début du chantier, et 1998, décision de démantelement alors que la centrale était en arrêt depuis 3 ans et demi. La construction de Superphenix avait couté 10 milliards de francs (pour un devis initial de 4 milliards) et avait englouti ensuite 40 milliards en frais de fonctionnement.

    Là encore, comme pour l’EPR, une partie des difficultés rencontrées n’étaient pas d’ordre “nucleaire”. Par exemple, le toit de la salle des turbines s’est effondré sous le poids de la neige, pourtant normal dans ce coin de l’Isère.

    Le problème du nucléaire, c’est que c’est magnifique sur le papier. C’est plus compliqué à exploiter.

    Les exemples de Fukushima et de Tchernobyl montrent aussi les conséquences désastreuses d’un incident nucléaire. Comment accepter, en Europe, de voir geler pour des siècles des zones de 30 km de rayon ? Par exemple, une telle zone autour de la centrale de Nogent sur Marne entrainerait le déplacement de … 15 millions de personnes, un quart des habitants de la France. Tous les cas ne sont pas aussi extrêmes, mais aucune centrale ne se trouve dans un désert.

    Le débat sur le nucléaire est animé par des techniciens qui ont tous été formaté par la Cogema, l’industriel public qui a vendu les centrales françaises depuis les années 1970.

    Effectivement, dans le monde actuel tel qu’il fonctionne, il n’y a pas d’alternative au nucléaire. C’est la conséquence du “tout éléctrique” qui a été le dogme français pendant 30 ans.

    Pourtant, la Suisse, qui n’est pas vraiment un pays où on se chauffe à la cheminée et où on s’éclaire à la bougie, et qui n’est pas non plus réputée pour être spécialement écolo, a choisi de sortir du nucléaire. Il y a donc bien d’autre modèles possibles que le modèle français.

    Mais évidement, cela suppose des choix. Le nucléaire était d’abord un mode de vie. C’est lui qu’il faut changer avant de sortir de cette énergie.

    Quand au prix de l’électricité en France, c’est terminé l’avantage du nucléaire. Le tarif industriel du kwh était effectivement il y a 10 ans le moins cher en France, autour de 20 € le MWh. Cette époque est déja terminée, la privatisation d’EDF et la nécessité de prévoir la déconstruction des vieilles centrales a déja augmenté le tarif de l’électricité qui a plus que doublé. Nous en sommes à 42 € le MWh, ce qui est tout bonnement le tarif de l’électricité sur Powernext, le marché international de l’électricité. Autrement dit, malgré le parc nucléaire français qui est le plus développé du monde, nous payons l’électricité au même prix que les autres pays.

    Une réflexion n’est possible que si les bases de discussion ne sont pas biaisées.

    Jacques

    #10648
    • C.V.

      Bonjour Jacques,
      Il y a un maximum de centrales hydrauliques, en Suisse!

      #10651
      • patrick lacaze

        et en plus les Suisses ont un pouvoir d’achat considérable simplement en vendant du chocolat, des montres et du fromage. Trop fort ces Suisses.

        Concernant le nucléaire il reste à savoir si le savoir faire français est réel ou bidonné.
        Egalement s’il sera continuellement entaché par les mal façon des industriels qui gravitent autour du pot de confiture comme pour la ligne de TGV dénommée LGV PACA dont le choix de tracé ne résulte à coup sûr pas d’une logique purement économique. Il y a de ces mystères …j’te jure !

        #10653
      • Jacques K.

        Oui Christian, les Suisses ont les barrages. Mais chaque pays à sa solution.

        Au final, aujourd’hui, seul 2,4% de l’énergie consommée dans le monde est d’origine nucléaire, et le parc français n’empéche pas nos habitants d’être parmis les plus gros consommateurs de pétrole, devant les allemands et les anglais.

        Oui, Patrick, tu dis crûment ce que je suggère dans mon commentaire. Est ce que finalement le savoir français dans le domaine du nucléaire est réel, est ce que l’on saura faire marcher cet EPR ou est ce qu’il rejoindra Superphenix dans les poubelles de l’histoire.

        Jacques

        #10656
        • patrick lacaze

          d’un autre côté il est impératif de faire de la recherche et de l’appliquer. Les programmes en aéronautique (eads) en astronautique (ariane) et en automobile nous aident bien pour faire perdurer une économie qui au niveau des PME-PMI est en difficulté (écrasés sous la bureaucratie et les innombrable taxes émasculatrices) et qui au niveau des multinationales relocalise sa production et ensuite ses bureaux d’études.
          Le bidonnage on voit aussi en industrie pharmaceutique ou les labos qui piétinent n’hésite pas à bidonner des médicaments en soudoyant des contrôleurs, lesquels ne sont toujours pas inquiétés par la justice alors qu’ils sont coupable de complicité avéré de détournements de fonds publics considérables.
          Le tout financé sans état d’âme par l’URSS AF laquelle est responsable de 80% des mises en faillite des entreprises, du commerce, de l’artisannat.
          La démocratie si elle n’est pas placée sous haute surveillance citoyenne dérape comme toute autre structure.

          #10665

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